Miroir de nos peines, Pierre Lemaitre

Avec ce roman, Pierre Lemaitre achève sa superbe trilogie concernant l’entre-deux-guerres. Dans Au revoir là-haut, Louise n’était qu’une enfant. Elle passait toutes ses journées avec Édouard à fabriquer ses masques et à traduire en paroles ses pensées. Effacée dans Couleurs de l’incendie, elle devient le personnage principal de Miroir de nos peines. Détruite de ne pas avoir eu d’enfant, elle est célibataire et occupe deux emplois : celui d’institutrice et de serveuse.

Nous sommes en 1940. Le volume commence pendant la drôle de guerre, période au début de la seconde guerre mondiale pendant laquelle les soldats français vont se préparer et attendre une hypothétique offensive allemande. Le roman prend fin avec l’exode, lors de l’arrivée des allemands. Alors que Louise sert un habitué du café, il lui fait une proposition effrontée, qui changera le cours de son existence. Cet homme qui se suicide devant elle cache un secret, c’est évident, mais lequel ? En parallèle, Raoul Landrade, jeune lieutenant, attend, avec ses camarades, l’arrivée des allemands. Un brin vulgaire, il est l’as de la débrouille. Désiré, quant à lui, porte bien son prénom, disons, pour faire court, qu’il sait parfaitement comment s’adapter aux situations.

Comme on s’y attend maintenant avec Pierre Lemaitre, on se doute que l’histoire de ces personnages vont s’entrechoquer, leurs destins se croiser. On laisse pourtant la trame se dérouler sous nos yeux avec délectation car il mêle, encore une fois, de manière spectaculaire, l’histoire et le romanesque.

Toutefois, ce dernier tome est moins rocambolesque. La fin est plus attendue. Des passages sont plus longs. Certains personnages sont moins attachants. L’histoire moins surprenante. Pour autant, le roman se lit toujours facilement et avec plaisir. On sent la recherche documentaire qu’a demandé son écriture. Il s’empare d’évènements historiques réels telle que l’exode pénitentiaire des prisonniers de la rue du Cherche-Midi et la fait sienne, en y intégrant ses personnages. A travers ce roman, il dénonce aussi notamment la désinformation des populations et le bourrage de crâne de l’époque.

C’est une belle fresque qui se clôt, chaque tome peut se lire indépendamment les uns des autres, mais j’ai une large préférence pour les deux premiers.

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